Nouvelles 82 n°502 du 14 décembre 2016
Bruniquel
est l’un des deux villages du département qui a ouvert un centre d’accueil et
d’orientation. 21 adultes, Soudanais, Afghans, Guinéens et Libyens, tous en
provenance de Calais, sont hébergés à l’ancienne gendarmerie. Le maire Michel Montet a bien voulu répondre à
nos questions
Comment êtes-vous devenu un village
qui accueille les réfugiés ?
Le conseil
municipal s’est prononcé favorablement et sans réticences. L’état nous ayant fourni
des garanties minimum et la mise à disposition de deux agents, nous avons
considéré que cela était possible
Et la population ?
Les 15
premiers jours n’ont pas été faciles, car les « ont dit » allaient
bon train. Certains medias ont été très présents recherchant un peu trop le
scandale, mais cela été de courte durée ; l’attitude négative de quelques
membres du FN n’a pas aidé.
Pourquoi de courte durée ?
Parce que
très vite la population s’est mobilisée. Les habitants du village ont tout organisé
et ont équipé totalement les logements. Un grand élan de solidarité qui a
dépassé mes espérances
Cela se traduit comment ?
Des
bénévoles se relaient pour faire la cuisine, d’autres donnent des cours de Français,
certains les transportent. Une fête a même été organisée où chaque villageois a
apporté un plat. Les catholiques encouragés par le curé du Village, Guy
Chauchefoin se sont mobilisés eux aussi.
Cela fait du bien à tout le village
n’est-ce pas ?
Oui car même
des gens de la commune qui ne se connaissaient pas se sont retrouvés à travers
des valeurs fortes de fraternité. Ils ont appris à se connaitre.
Et les réfugiés ?
Quand ils
sont arrivés, leurs visages étaient fermés ils se sentaient perdus. Mais
l’accueil très chaleureux qui leur a été réservé a fait du bien et ils nous ont
remerciés.
Quel est leur avenir ?
Ce qu’ils
vivent à présent est une pause par rapport à ce qu’ils ont durement vécu à Calais.
Ils respirent un peu. C’est sûr que leur problème n’est pas réglé, ils sont venus
à Calais pour aller en Angleterre ; ils vont en faire la demande mais rien
n’est acquis et certains ont commencé à envisager de retourner dans leur
pays
Et si c’était à recommencer ?
Vu la manière dont tout cela s’est passé, j’y suis prêt.
Sans les bénévoles cela ne passe pas. Et eux, livrés à eux même, ce serait
impossible. Ils sont reconnaissants, on n’a pas réglé leur problème mais il
fallait commencer.
Recueilli
par André GREDER